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 [Anecdote] Mentalité du XIXe sur la littérature érotique

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MessageSujet: [Anecdote] Mentalité du XIXe sur la littérature érotique   Lun 18 Fév 2008 - 16:26

Je viens de tomber sur Germinie Lacerteux d'Edmond et Jules de Goncourt, édition de 1864, et je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager la préface de ce livre, écrite par les auteurs.

Ed et Jules a écrit:
Il nous faut demander pardon au public de lui donner ce livre et l'avertir de ce qu'il y trouvera. Le public aime les romans faux, ce roman est un roman vrai.
Il aime les livres qui font semblant d'aller dans le monde; ce livre vient de la rue.
Il aime les petites oeuvres polissonnes, les mémoires de filles, les confessions d'alcôves, les saletés érotiques, le scandale qui se retrousse dans une image aux devantures des librairies; ce qu'il va lire est sévère et pur. Qu'il ne s'attente point à la photographie décolletée du plaisir, l'étude qui suit est la clinique de l'amour.
Le public aime encore les lectures anodines et consolantes, les aventures qui finissent bien, les imaginations qui ne dérangent ni sa digestion, ni sa sérénité. Ce livre avec sa triste et violente distraction est fait pour contrarier ses habitudes et nuire à son hygiène.
Pourquoi donc l'avons-nous écrit ? Est-ce simplement pour choquer le public et scandaliser ses goûts ?
Non.
Vivant au dix-neuvième siècle, dans un temps de suffrage universel, de démocratie, de libéralisme, nous nous sommes demandé si ce qu'on appelle les "basses classes" n'avait pas droit au roman; si ce monde sous un monde, le peuple, devait rester sous le coup de l'interdit littéraire et des dédains d'auteurs qui ont fait jusqu'ici le silence sur l'âme et le coeur qu'il peut avoir, nous nous sommes demandé s'il y avait encore pour l'écrivain et pour le lecteur, en ces années d'égalité où nous sommes, des classes indignes, des malheurs trop bas, des drames trop peu nobles. Il nous est venu la curiosité de savoir si cette forme conventionnelle d'une littérature oubliée et d'une société disparue, la tragédie, était définitivement morte; si, dans un pays sans caste et sans aristocratie légale, les misères des petits et des pauvres parleraient à l'intérêt, à l'émotion, à la pitié, aussi haut que les misères des grands et des riches; si en un mot les larmes qu'on pleure en bas pourraient faire pleurer comme celles qu'on pleure en haut. Ces pensées nous avaient fait oser l'humble roman de Soeur Philomène Lacerteux.
Maintenant, que ce livre soit calomnié, peu lui importe. Aujourd'hui que le Roman s'élargit et grandit, qu'il commence à être la grande forme sérieuse, passionnée, vivante de l'étude littéraire et de l'enquête sociale, qu'il devient par l'analyse et par la recherche psychologique, l'Histoire morale contemporaine, aujourd'hui que le Roman s'est imposé les études et les devoirs de la Science, il peut en revendiquer les libertés et les franchises. Et qu'il cherche l'Art et la Vérité, qu'il montre des misères bonnes à ne pas laisser oublier aux heureux de Paris, qu'il fasse voir aux gens du monde ce que les dames de charité ont le courage de voir, ce que les reines d'autrefois faisaient toucher de l'oeil à leurs enfants dans les hospices : la souffrance humaine présente et toute vive, qui apprend la charité; que le roman ait cette religion que le siècle passé appelait de ce large et vaste nom : Humanité; - il lui suffit de cette conscience : son droit est là !


Voici un résumé du roman, par Pascale Arguedas :
Citation :
Germinie Lacerteux, sexuellement abusée dans sa jeunesse, arrive à Paris pour connaître les affres de la domesticité avant d'entrer au service de Mlle de Varandeuil, une brave vieille célibataire, qui va progressivement s'attacher à elle. Se voyant dans l'impossibilité de se marier afin de conserver sa place, Germinie tente de calmer ses élans maternels en prenant soin d'une nièce qui finira par quitter le pays et dont on lui cachera la mort pour lui soutirer ses gages. Puis Germinie prodigue sa tendresse au fils d'une épicière, le jeune Jupillon, qu'elle comble de bontés. Mais l'enfant devient un homme, et Germinie succombe à une passion dévorante qui sera sa damnation. La spirale infernale de la déchéance commence alors : Germinie s'endette par amour, subit l'opprobre public (les deux amants ont une grande différence d'âge), et finira par sombrer dans l'alcool et la perversion des sens lorsque Jupillon, son grand amour, la quittera.


Une petite critique suivra, j'ai l'intention de le lire Wink
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